Quel entrepreneur êtes-vous ?

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Quel entrepreneur êtes-vous ?

5 types d’entrepreneurs

J’ai eu la chance dans ma vie de rencontrer pas mal de chefs d’entreprises, petites ou grandes et je fais moi-même partie de ce qu’on peut appeler un entrepreneur. Voici le classement tant attendu ! Et il y a bien sûr les charlatans que nous n’épargnerons pas à la fin de l’article !

1- Le commercial et son homologue le technique

Ils sont assez doués, un brin brillants et arrivent à vendre leurs compétences pour développer une entreprise. Ils ont souvent fait le choix de se lancer justement car ils n’arrivaient plus à être salariés. Les mots clés dans leur bouche sont « la salariat plus jamais », « je suis mon propre patron ». Ils ont beaucoup de mal à travailler à plusieurs.

Vous avez dans ces catégories tous les agents commerciaux qui indiquent sur leur linkedin « CEO » et avec une simple enquête, vous découvrez que le CEO n’est CEO que de lui même avec un contrat d’agent commercial pour IAD, KellerWilliams ou Tupperware.

Vous avez aussi les plus brillants, un Gérald Genta dans l’horlogerie, un Johnny dans la musique, ou encore un grand sportif. Tous ont pour point commun d’avoir réussi, de façon relativement indépendante, c’est à dire qu’ils ont nourri leur propre projet. Tous sont vus comme visionnaires. Et tous ont une réussite relativement solitaire, sans avoir développé une marque, une entreprise, ou tout autre relais de développement au delà de leurs compétences propres, certes extraordinaires. Johnny aura même vendu son propre nom à sa maison de disque par exemple – soit l’inverse du réflexe d’un entrepreneur. On le verra ensuite, d’autres réussissent à basculer leur succès vers une entreprise pérenne.

J’ai aussi connu des gens, qui ont tenté d’être chef d’équipe et un évènement marquant, un prud’hom, un procès, ou un client, les a révulsé. Ils sont alors retombés dans cette catégorie du « sans salarié sans problème »

Leurs forces

Indépendants. Séduisants. Techniques pour certains. Passionnés souvent. Plein d’énergie.

Pour les plus talentueux d’entre eux, c’est souvent ceux que la société admire le plus. On admire beaucoup plus un artiste en pleine gloire qu’un patron au sommet de son entreprise. L’un semble léger, aérien, amusant, presque divin. Le second parait sombre, sérieux, terne, puissant presque dangereux.

Ils font preuve d’une énergie à toute épreuve, capables de bosser du matin au soir, voire les week end pour réussir. Ils savent parfaitement plaire et séduire leur client s’il y a. Ou bien, ils s’acharnent à la tâche pour fabriquer des objets ou développer une compétence. Ils sont tantôt intelligents de leurs mains, de leurs relations ou de leurs savoirs. Peu importe, leur énergie permet d’en faire quelque chose de concret et de rentable.

Leurs faiblesses

Une blessure narcissique. Une compétence sociale limitée. Une peur des responsabilités. Un goût de l’argent « sur leur compte ». Un manque d’assertivité.

Ils n’ont de compétences sociales qu’intéressés. Si vous êtes un client, ou une personne importante, alors vous aurez leur égard. Si vous êtes un de leur salarié, ou un salarié de n’importe quelle boite d’ailleurs, alors vous aurez leur dédain. Leur monde est hiérarchisé ainsi. Leur respect se gagne par la position relative que vous avez par rapport à eux-mêmes.

Ils croient aussi que s’ils devaient embaucher, c’est pour s’enlever des problèmes. Et ils apprennent à la dure que ce n’est pas le cas puisqu’à chaque fois qu’ils essaient, ils ont des problèmes en plus justement. Et oui ! Entreprendre est totalement l’inverse, recruter ajoute des problèmes aux problèmes. Et c’est d’ailleurs pour cela que les gens veulent travailler dans une entreprise : pour lui déléguer, qui la gestion des heures de travail, qui la tenue de la comptabilité qu’ils ne sauraient faire, qui la partie marketing pour ne faire que la partie commerciale. Chacun a une raison d’être salarié. Et c’est bien le patron qui prend en charge ce qu’il manque.

Ils tirent leur énergie d’une faille, d’une peur. Et cela se voit sur deux axes. D’abord, sur le niveau d’énergie déployée, justement exceptionnelle, dont dépend tout. Et de l’autre côté, la limitation liée à ces peurs opprimantes qui empêchent la confiance dans les gens qu’ils pourraient recruter, et même la confiance dans leurs propres entreprises dont ils cherchent toujours à « prendre l’argent » plutôt que de l’y laisser fructifier.

2- Le chef d’équipe

On l’imagine tantôt autoritaire, tantôt exemplaire, tantôt jovial. Peu importe par quel caractère il arrive à mener ses troupes mais il le fait. Il a fait le choix, en se lançant, de prendre avec lui quelques collaborateurs. Il sait travailler avec. Il a su développer la rigueur administrative des fiches de paie, des paiement à l’Urssaf et comprend que tout cela fait partie du métier pour avoir des gens compétents.

Ses forces

Déléguer des tâches. Bon esprit collaboratif. Capacité à faire face au gens. Assertivité.

Et toutes les qualités de son homologue précédent, le chef d’équipe a souvent commencé seul.

Ses faiblesses

Il délègue des tâches mais pas des missions et encore moins des responsabilités. Le chef d’équipe manque un peu de transparence pour faire confiance plus largement. Il a peur de perdre ce qu’il a déjà, une petite entreprise prospère.

En général il consomme l’argent que la société dégage et préfère le mettre sur son compte personnel. Il n’a pas une logique de réinvestissement comme l’aura le tout dernier de notre série d’entrepreneur ! Il fait souvent appel à la franchise pour se concentrer sur son rôle de chef d’équipe.

4- Le serial entrepreneur

Il finit toujours par revendre car au fond, il n’y croit pas à 100%. Notre entrepreneur a réussi à développer. Il a grossi vite par de l’argent frais, puis il s’en débarrasse tout aussi rapidement. Un peu comme un orangina qu’il faut vite consommer avant que la pulpe retombe. Il n’est pas sûr de savoir refaire la chantilly. Ni de savoir la conserver un moment. Alors il la consomme, vite, comme un soufflé fromage encore gonflé. Il revend son entreprise, le plus vite possible.

Dans cette catégorie, vous avez ceux qui ont vraiment levé trop de fonds, et qui, finalement, se retrouvent quasi-salariés de leur propre structure puisqu’ils ne possèdent plus aucune majorité. Qu’elle est belle la volonté d’indépendance et d’entreprendre !

Leurs qualités

Ils réunissent les qualités des précédents entrepreneurs. Notamment l’énergie. Impossible de les battre sur ce point. Ils en ont même plus que les grands patrons. Leur fonctionnement et le modèle d’entreprise ne leur donne pas le choix. Ils lèvent des fonds, pour payer les charges et perdent de l’argent chaque mois. Leur entreprise est une course contre la montre, un mois de trop et tout peut basculer.

Ils embarquent souvent du monde dans leur vision délurée et instantanée de ce qu’ils voudraient. Ils voient grands, rêvent de vite arriver au graal. Ils savent déléguer des responsabilités, arrivent à recruter du monde pour les accompagner.

Les serial entrepreneurs excellent surtout sur un point, sur la capacité à vendre leur projet comme on vendrait un tapis sur un marché à Delhi. En 10 slides, deux vidéos et des belles paroles, et on a de suite l’impression d’avoir en face de nous la REVOLUTION des 10 prochaines années.

Leurs défauts

Ils voient leur entreprise comme une valorisation. On l’a vu dans l’article sur les types investissements. Ils font partis de ces gens qui ne comprennent pas la rentabilité et qui spéculent avec le patrimoine, ici les actions d’une société, pour générer des revenus. Au fond, ils ne savent tout simplement pas atteindre la rentabilité. Ils dépensent plus qu’ils ne gagnent de l’argent. Leurs dépenses sont patrimoniales, souvent, c’est à dire qu’ils créent un produit, un service, valorisable mais cela ne rapporte pas en revenu à la fin du mois.

Faire confiance aux collaborateurs et cheffer des responsables est une leçon bien appliquée. Ils le font, en façade, mais pas avec le coeur. Ils appliquent ce qu’on leur a dit, ce n’est pas tout à fait naturel, de faire confiance.

5- Le charlatan

Il fantasme du précédent, utilise les mêmes mots clés, mais n’a rien fait de tout cela. On n’a souvent que son pseudo, et si sociétés il y a, elles sont bien cachées dans un pays opaque. Il vit souvent à Dubaï ou tout autre lieu tendance où l’impôt n’existe pas.

Il donne l’impression de gagner des millions mais une simple recherche sur infogreffe ou societe.com montre qu’il n’y a pas même une entreprise à son nom. Parfois une auto-entreprise apparait. Parfois il faut chercher des heures pour trouver une trace de société avec 100 balles au capital quelque part. Il présente toujours sa situation de façon gonflée, un peu comme les réseaux immobiliers qui citent le nombre total des ventes, alors qu’ils n’en touchent qu’un pourcentage du pourcentage. Un peu comme si un salarié citait le chiffre d’affaires de l’entreprise qui l’emploie pour dire combien il gagne.

Des exemples

J’ai déjà vu un gars, dans le classement Forbes, de mon âge, qui avait 3 investisseurs, donc apriori une bonne part du capital cédé, qui avait exceptionnellement été rentable cette année là pour la première fois de sa vie, et dont la société faisait un petit 6 m€ de CA soit le même CA que mon groupe pour sa 3ème année, sans jamais n’avoir cédé une part. Je ne cherche pas à comparer, mais un peu d’humilité ne ferait pas de mal à certains. Et pourtant celui ci est réel avec une vraie société en France, donc il est loin, très loin d’être le pire des charlatans, j’exagère un peu.

Vous avez aussi toutes formes de pseudo gourou de l’immobilier, qui explique comment faire pour y arriver alors que son business est bel et bien de vendre des formations pour dire comment faire. Si vous n’avez pas compris l’illogisme alors relisez la phrase qui précède ! Je réserve pour cette catégorie une analyse toute particulière, sans doute sur la chaîne youtube. Allez vous y abonner !

Ses qualités

La charlatan est sans doute celui qui gagne le plus, et en tout cas le plus facilement. Sa qualité première est le marketing en ligne. Il arrive à recruter une quantité considérable de personnes pour acheter des formations en centaines voire milliers d’euros, souvent pour fournir des slides à peine finies avec des fautes d’orthographe régulières (je parle en ayant vu moi-même certaines de ces formations). Je ne dis pas que les conseils sont mauvais, parfois ils sont bons, mais on peut les avoir dans un livre à 10€.

6- Le patron

La patron est celui qui mène un projet qui le dépasse. Il fait avec, analyse et applique. Ferme sur le projet et les objectifs, il est fin avec les gens et l’organisation. Il a compris une chose, les hommes ont besoin d’un chef et d’un cadre. Que cela lui plaise ou non, il joue ce rôle.

Ses qualités

Fidèle à son entreprise, au sens noble du terme : un projet. Un projet qui les dépasse, ils sont là pour gérer et faire développer une société. Un salarié récalcitrant, un procès, un trou d’air dans le marché, un découvert ou tout autre mésaventure entrepreneuriale n’est qu’une étape dans le projet, un peu comme une averse sur l’autoroute des vacances. Le but est avant tout d’arriver à bon port !

Ils embarquent les gens, pas que par le grandiose, mais par la rigueur. Ils donnent confiance instantanément, sans avoir besoin de vendre quelque chose.

En bons entrepreneurs, ayant compris le sens de l’investissement, ils mettent justement tous leurs oeufs dans le même panier, l’entreprise. Ils prennent le minimum comme salaire pour vivre et se disent que cela viendra plus tard. Un vrai investisseur investi 90% de ces revenus !

Ses défauts

Un brin d’ego parfois. Mieux vaut ne pas entraver leur route, leur projet, ou ils peuvent devenir redoutables. Solitaires souvent, leur position les force à s’isoler. Des difficultés à s’intéresser à tous, à vraiment rester sur le terrain, c’est pourquoi les meilleurs viennent du terrain et usent de leurs souvenirs.

Et le risque numéro un est le jour où le patron voudra toucher une rémunération plus conséquente. Ou ses héritiers. C’est en général quand le patron se nourri du gâteau, au lieu de nourrir le gâteau, qu’il finit par y avoir une assiette vide. On ne peut que donner plus à une entreprise qu’on ne reçoit si on la veut pérenne, c’est tellement logique que beaucoup l’oublient.

Julien Barthès

 

2 Responses

  1. […] vous fait croire que le seul moyen pour une carrière réussie est d’embrasser un projet entrepreneurial, d’investir dans les cryptomonnaie, et surtout d’acheter les formations payantes de […]

  2. […] en avez un peu marre de votre job ? Vous voulez vous lancer dans autre chose, l’entreprenariat ? Investir ? Internet regorge de tuyaux en tout genre pour réussir, que ce […]

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