Choisir un métier ou aimer son travail, c’est différent !

Les amis, j’ai saturé ça y est. Encore une nouvelle lubie : l’amour du travail. Il faudrait choisir son métier comme on choisit son conjoint, par amour. A quand le critère de choix de son fournisseur EDF par amour, ou celui de sa cuvette de toilette par amour. Tout devrait se choisir ainsi après tout c’est évident ! Je vous épargnerai évidement l’analyse étymologique : aimer son travail c’est aimer le tripalium – la torture – On nage en pleine séance sado-masochiste… Non je ne tomberai pas dans cette banalité d’analyse assez vulgaire alors avançons …
Aimer son travail, qu’est ce que cela signifie pour choisir son métier ?
Pourquoi faut-il TOUJOURS extrapoler n’importe quelle tendance à tous les domaines. L’amour est arrivé en force dans les couples depuis la bombe d’Hiroshima selon moi, un premier évènement mondial démontrant la capacité de l’humain à s’auto-détruire. Avec cette nouveauté est arrivé la logique du self, de la libération du moi et de l’épanouissement personnel. On ne veut plus se donner, on veut profiter. Car oui, amour et ego-centrisme sont très fortement liés de nos jours. On aime ce qu’on aimerait chez soi, on aime ce qui nous manque, on aime pour se compléter. L’amour est très personnel – auto-centré – en tout cas dans sa définition actuelle. Amour rime donc avec la perte des valeurs sociales et collectives.
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Avant, on pouvait former un couple par impulsion altruiste, un véritable don de soi dans un projet qui dépasse l’individu : la famille. Si vous réfléchissez bien, ce n’est pas de l’amour, en tout cas pas de l’amour « papillons entre la 4ème côte et le bassin ». Un couple altruiste est un don, un amour transcendantal, celui-ci ne propose aucun papillon malheureusement, à la limite il propose un certain réconfort de se dire qu’on est utile mais rien de plus.
Et voilà que, maintenant, tout conseil de carrière, tout article sur le travail, tout coach auto-proclamé va vous dire « qu’aimes tu? » au moment d’étudier vos futurs axes de carrière. STOP ! FUYEZ !
J’ai même trouvé des « méthodes » toute faite pour aimer son travail ! Si seulement…

Travailler est un effort qu’on veut valoriser
Aimer son travail c’est comme aimer devoir aller au supermarché à 50 km quand on a faim. Personne n’aime la contrainte pour arriver à un objectif. Travailler c’est gagner son argent pour plus tard. Il n’y a absolument aucune récompense à court terme. A force d’aimer un travail qui ne rapporte rien, vous serez au mieux satisfait de voguer entre le 0€ et le -1000€ de votre compte. Et au pire, vous serez en pleine déprime de vous rendre compte que ce que vous aimer ne vaut rien. Votre cerveau aura vite fait de conclure que vous ne valez rien.
Car oui, on peut aimer ce qui n’a pas de valeur, et c’est tant mieux. Mais on ne peut pas travailler en valant rien, c’est de l’esclavage. Donc aimer son travail n’est pas un critère essentiel.
Julien Barthès
Choisir son métier c’est aimer être utile !
Voilà un bonne piste. Et si travailler n’était nullement une sensation égo-centrée mais bien un sentiment d’utilité. C’est bien le coeur du travail, celui de s’organiser en société pour développer notre confort de vie à tous. Si le médecin disparait, je peux être perdu une fois malade, si mon boulanger ferme, je devrais faire mon pain moi-même, si le métro stoppe, je devrais marcher. Attendez, ne me dites pas que je n’ai JAMAIS prononcé le mot amour dans ces derniers scénarios. Mince alors, le médecin n’aime pas forcément les toux rocailleuses de fin de soirée avec un début d’angine blanchâtre ? Le boulanger n’est pas passionné du réveil à 3h du matin ni de l’odeur de levure moisie ? Et le conducteur de train adore t’il vivre sous terre à la lueur du phare grossier du métro ?
Pourtant tous sont utiles et le savent très bien.
Si vous avez une activité où vous vous sentez utile – mieux où les gens vous trouvent utile – foncez, c’est un ordre. Que vous aimiez ou non cette activité, elle vous rendra heureux. Imaginer que de l’utilité nait le bonheur et l’amour est une logique bien plus palpable que d’imaginer amour et travail comme une harmonie indissociable. Et je vais vous dire un secret : si vraiment c’est utile, on vous paiera pour ! Si on rechigne à vous payer, c’est que l’utilité de ce que vous proposez n’est utile qu’à votre petit égo fragile.
Aimer son travail, la gratification différée !
On a vu qu’aimer son travail au sens des papillons est absolument à proscrire. Tout amour est-il à proscrire ? Avons nous une autre façon d’aimer ?
Et oui et oui, point d’amour sans récompense ! On ne peut se proposer d’analyser l’amour du travail sans découvrir – oh surprise – que sans salaire, il n’y aurait pas de travail, donc pas d’amour du travail.
Déjà, le salaire signifie une rémunération a posteriori pour le travail accompli. Vous devez attendre un mois pour être gratifié. C’est déjà un sujet. Pour certains, c’est trop long, trop loin, impossible dans ces conditions de se sentir aimer si chaque réussite est récompensée si tard. Pour eux, il est inadmissible déjà que le salaire arrive le 2 et non le 1 du mois.
Pourtant, là est aussi une voie vers le bonheur. Comprendre que la gratification ne peut être QUE différée. Le PDG d’une boîte du CAC40 a souvent commencé conseiller commercial à 2 smic de salaire, voire 1,5, et pourtant, il était le même, avec le même cerveau, les mêmes capacités. Il était juste à l’état de « potentiel ». L’énergie potentielle en science est une énergie qui est stockée et demande un évènement pour se libérer (le travail). Vous allez travailler très longtemps, presque tout le temps, davantage que la rémunération que vous avez. Si vous ne supportez pas de partager la valeur de votre travail avec un client ou un patron alors vous ne produirez rien de toute votre vie.
Le désamour du travail vient de cette incompréhension et de croire que tout vous est du là, maintenant. Travailler c’est transformer son énergie potentielle en production concrète donc en rémunération. Vous n’aurez la rémunération que vous méritez vraiment sans doute que vers 50 ans.
Substituer l’amour du travail à la satisfaction de sa carrière
Si vraiment vous êtes doués, vous le saurez un jour ou l’autre et plutôt tard que tôt. Et si vous n’atteignez jamais une rémunération satisfaisante, c’est sans doute que vous êtes bien moins doué que vous ne l’imaginez !
Vous aimerez votre carrière après l’avoir réalisée, dans le rétro, et jamais pendant !
Me concernant, je ne me suis jamais senti aussi utile qu’entrepreneur. C’est dur, c’est fatigant. Je suis sérieux, froid et efficace au travail. J’ai le poids des responsabilités, des équipes, des engagements. Pourtant, chaque fois que je jette un coup d’oeil dans le rétro, étant passé de 0 à 4m€ de chiffre d’affaires en 3 ans, alors un sourire joyeux ne peut plus quitter mon visage, je sais que c’est exactement ça la mission qu’on m’a donné.
A l’inverse, une frivolité quotidienne ne vous montrera dans le rétroviseur … que frivolité.
Pour aller plus loin : des joies et des peines
Si je tire la pelote sur une analyse philosophique de la question : l’humain est doté de sentiments opposés par nature. L’un ne va pas sans l’autre un peu comme l’accélérateur et le frein d’une voiture. Enlevez en un et l’autre ne sert à rien. Tout ça pour aller droit à la conclusion : aimer son travail, être dans la joie quotidienne est la garantie que la tristesse minera le parcours de façon profonde et régulière.
Dés-aimer son travail ou plus précisément apprécier l’effort épuisant du travail est la meilleure arme pour vivre la joie et le bonheur des réussites sur le parcours. Et si la quête de l’amour du travail promis par psycho-girly-moi-magazine était la première étape vers la hausse dramatique des burn-out réguliers ?
A vous de choisir …
Julien
One Response
[…] Toutes ces activités ont un point commun, une valeur ajoutée très faible du collaborateur. Emilie rentre chez elle, compte ses sous et se demande bien quelle est sa valeur ajoutée dans ce monde. Elle se demande si choisir son métier, c’est suivre son amour du travail. […]