4 étapes pour choisir son métier

« J’en ai marre de pas savoir quoi faire, c’est compliqué dans ce secteur on gagne rien. J’aime ce travail mais bosser autant pour que dale, c’est pas possible », c’est en ces termes qu’Emilie me présente sa situation. Elle bosse dans l’évènementiel, cela aurait pu être dans la restauration rapide, dans l’aide à la personne….
Toutes ces activités ont un point commun, une valeur ajoutée faible au-delà du salaire du collaborateur. Emilie rentre chez elle, compte ses sous et se demande bien quelle est sa valeur ajoutée dans ce monde. Elle se demande si choisir son métier, c’est suivre son amour du travail.
Astrid, elle, bosse chez Tatol, une boite dans l’énergie pétrolière. Ne vous méprenez pas, j’ai inventé cette marque de toutes pièces. Astrid n’est pas forcément passionnée par l’extraction de minerai noir et gluant issu des profondeurs, ni par les déplacements de population en Ouganda et encore moins par la masse foreuse. Pourtant, elle gagne bien sa vie, surfe sur les augmentations et les plans de bonus. Elle vaut de l’or (noir) et le ressent très bien. Elle a confiance dans ce qu’elle apporte à la société puisqu’on la paie cher !

Voici ma petite méthode, étape par étape, pour choisir un métier qui vous amènera à votre objectif : celui d’une carrière réussie, ou celui vers un lancement d’entreprise un jour. Aucun lien ne sera fait sur les salaires dans nos activités immobilières et dans le bâtiment du groupe, je vous vois déjà, vous me taxeriez de ne parler que de ça !
1- Choisir son métier : Analyse de la valeur
Le travail, comme on l’a déjà vu, est nécessairement rémunéré. On va attaquer de but en blanc par ce critère, essentiel, de premier ordre pour choisir son métier.
On va classer les entreprises et les secteurs d’activité par leur chiffre d’affaires par salarié. Si le CA par salarié est très élevé, la masse salariale est très faible à l’échelle de l’entreprise. Augmenter les salariés est simple.
Si le CA par salarié est très faible, la marge de manoeuvre pour le dirigeant est trop étroite pour vous satisfaire.
Quelques exemples:
Entreprise /secteur | CA par salarié |
TOTAL / énergie | 2’606’237 € / salarié |
PFIZER / industrie pharmaceutique | 1’132’409 € / salarié |
SOCIETE GENERALE / banque | 240’170 € / salarié |
LVMH / luxe | 404’081 € / salarié |
FONCIA / immobilier | 104’166 € / salarié |
CELLARIUS / Bâtiment | 197’333 € / salarié |
Vous voyez directement la différence selon les secteurs. Pour Total votre salaire est comme un pourboire à la fin d’un repas bien arrosé. Pour Foncia, la rémunération est un des coûts les plus importants de la société qu’il faut absolument contrôler.
2- Votre éthique dans le choix du métier
Analyse faite, je vais pas tous vous envoyer postuler à Total. Vous pourriez, et vous seriez bien payé, mais si cela suffisait, on serait tous trader. Nous sommes contraints d’ajouter un petit critère bien humain : votre éthique. Quelle limite êtes vous prêt à franchir pour gagner de la maille et laquelle vous ne franchirez pas ! J’ai commencé ma carrière dans l’armement à l’export, en restant néanmoins dans l’industrie aéronautique. Un choix très assumé, qui m’a clairement rapporté davantage que la moyenne. Emilie, elle, n’est pas du tout prête à se retrouver dans le forage destructeur de la planète, alors elle va devoir réfléchir à trouver un bon compromis pour réussir à dormir la nuit sans se sentir la bécasse de service.
Si la boite rapporte gros ET a une éthique à la mode, alors réussir à décrocher un job sera très très difficile. Si vous y êtes déjà, mieux vaut faire le dos rond et y rester le plus longtemps possible.
Et si vous assumez pleinement votre job avec une rémunération plus proche du SMIC que du 5 chiffres, alors peut être vous pourriez faire un repositionnement stratégique intéressant pour la suite de votre progression financière.

A choisir entre être la catin d’un employeur qui vous paye trop pour vous respecter, ou être l’esclave de vos passions qui ne rapportent rien, il y a un juste milieu à trouver !
Julien Barthès
3- Choisir un métier en adéquation avec votre projet de vie
Boulot alimentaire, on entend tellement ce terme que je ne le comprends plus. Le travail c’est participer à la société par vos efforts pour mener à terme un projet personnel ! Un boulot alimentaire est la négation du travail, ou bien, c’est une réduction de la vie à se nourrir. Dans les deux cas, il n’y a rien qui va ! L’expression même signifie que le seul objectif du travail est soi-même, on nage en plein égo-centrisme !
Un métier doit être en harmonie avec le projet de vie. S’il n’y a pas de projet de vie, alors il n’y aura pas de bonheur, qu’il y ait du travail ou pas. Demandez à n’importe quelle personne riche qui ne sait pas pourquoi elle se lève le matin si elle est heureuse ?
Donc on commence par définir la raison du matin qui arrive ! Entretenir votre famille ? Un objectif pécuniaire en tête ? Un poste particulier ? A partir de là se déroulera la pelote, un « rétro-planning » diraient les chefs de projet, qui vous permet d’éclairer à un horizon réalisable.
John veut aller sur la lune, il commence par passer le bac, puis un diplôme d’ingénieur.
Arlette veux devenir milliardaire, elle commence par gagner plus qu’elle ne dépense, elle bosse beaucoup, elle ré-investit tout et elle tient pendant 50 ou 60 ans. Elle choisit le métier en fonction de sa rémunération directe.
Henri veut une vie avec beaucoup d’amis et une famille agrandie, alors il prend un boulot normal, dans un métier qui ne lui déplait pas et il s’arrange pour avoir du temps les soirs et week-ends.
C’est alors la vie qui vous dira bien assez vite si votre objectif était trop optimiste, ou trop peu optimiste. Certains sont surpris de leur succès, d’autres ne comprennent pas que cela n’avance pas. Ecoutez la vie et réajustez votre objectif tous les trois ans par exemple pour choisir votre métier en conséquence.
4- Choisir son métier selon le tryptique Statut / Argent / Amour
Je vais faire une proposition d’équation ici : Statut x Argent x Amour = constante.

Si vous avez un job à haut statut, il est peu probable qu’il soit bien payé (politique). Dans le cas où il s’agit d’un job bien payé, avec un statut correct, il est sans doute emmerdant au possible et personne ne veut votre place (entrepreneur). Si vous avez et vivez une passion, vous êtes sans doute à la fois désargenté et sans statut particulier (artiste ou sportif).
Je vous vois derrière votre écran, en train de réfléchir où vous vous situez. Si tel est le cas, c’est bien que vous n’avez pas les trois sinon vous ne réfléchiriez pas. Ma théorie est donc démontrée !
Avoir les trois est impossible. L’entrepreneur à succès, qui a l’argent et les emmerdes, va partir à la retraite : il garde l’argent et troque les emmerdes au succès. Il n’est plus patron, n’a plus de statut et n’a plus d’emmerde !
Un artiste désargenté sans statut devient une mégastar. Il aura l’argent, le statut ET apparaitront des emmerdes à gérer.
A bientôt pour une prochaine lecture les amis !
Julien.